THERAPIE PSYCHOMOTRICE – et recherches – n°166/2011

Le corps abîmé

Couv166Nous nous intéresserons lors de ces Journées à la question du sujet et de son corps lorsque celui-ci est porteur d’une atteinte dans le réel, du côté de l’organisme.

Prévenir, construire, reconstruire, faire avec cette différence… Pour le tout-petit : avoir un corps quoiqu’il en soit. Pour l’adulte : vivre avec cette mémoire ou ces marques du corps souffrant.

Ces Journées se donnent le projet de mettre en valeur une clinique qui se développe et prend une place importante pour la profession de psychomotricien.

Dans les institutions où les aspects organiques, déficitaires, sont au coeur du dispositif de soin et où le sujet semble se diluer, le psychomotricien déploie sa fonction de mise en forme, mise en corps et en relation.

Il pourra y être question d’une clinique spécifique, aux formes et temporalités parfois inattendues : interventions de psychomotricité en phase aiguë dans des unités de soins neurovasculaires, questionnement de psychomotricien engagé auprès de personnes aux corps immobiles, comme emmurées, mais présentes malgré tout.

Le corps abîmé sera aussi entendu comme lieu d’expression avec les somatisations chez le jeune enfant, ou les attaques du corps propre chez l’adolescent. Autant de marques, d’éprouvés du corps, de « donnés » à voir, que le psychomotricien aura à considérer dans la rencontre de ces personnes.

Les réflexions engagées dans le domaine de la recherche et de l’élaboration d’outils d’évaluation viendront proposer un étayage complémentaire des pratiques psychomotrices.

Enfin, dans le souci d’une mise en perspective nous aborderons les aspects anthropologiques du handicap et la question de la sexualité en situation de dépendance.

Ces Journées seront l’occasion de soutenir un discours, de porter une parole, permettant à une pensée parfois sidérée par le vif de la clinique de retrouver son chemin… du côté du sujet.

166 - 01 : De la légende à l'actualité de la psychomotricité - Mémoire d'un apôtre

René SOULAYROL
Professeur honoraire de psychiatrie de l’enfant à la faculté de médecine de Marseille. Ancien médecin chef de service de pédopsychiatrie des hôpitaux AP- H Marseille. Membre du Conseil Supérieur des Professions Paramédicales (Psychorééducateur) 1975 - 1988 auprès du Ministère de la Santé, Membre fondateur du Diplôme d’Etat de Psychorééducateur. Fondateur et directeur du Centre Universitaire de Psychomotricité de l’enfant à la Faculté de Médecine de Marseille 1975 -1988.

L’apôtre est celui qui est envoyé pour témoigner. C’est dans cet esprit que je voudrais transmettre l’histoire de la psychomotricité qui a commencée bien avant qu’elle ne devienne la spécialité que vous exercez.
Elle n’a due qu’à la vigueur de sa vérité intérieure, de pouvoir écarter les mauvaises fées qui voulaient l’étouffer en son berceau. Elle a triomphé des balbutiements de son enseignement, des hésitations sur son identité, des rivalités professionnelles et de l’obligation de gérer l’extension toujours plus grande de ses domaines, au point d’être non plus acceptée, mais réclamée par toute équipe médicale consciente de l’unité psychosomatique de l’Être souffrant.

Mots clés :
Psychomotricité - Spiritualité - De Ajuriaguerra - Humanisme - Corps.

166 - 02 : De la psychomotricité au ski assis

Jacques FOURNIOL
Ancien plongeur démineur, cadre d’assurances, AGPM, Direction de la communication (Toulon).

Tétraparétique spastique à la suite d’un accident neurologique médullaire de plongée sous-marine en 1993, je continue depuis ces quatre dernières années à me rééduquer grâce à la psychomotricité qui m’a fait réaliser que mon corps peut encore évoluer. Je ne cesse de prendre conscience de la disponibilité de nouvelles commandes, de leur coordination pour mieux me mouvoir, de leur synchronisation pour mieux m’équilibrer. Au cours de ma présentation, j’explique l’analogie existante du transfert de poids et des coordinations corporelles pour réapprendre la marche et pratiquer le ski assis pour handicapé. Reprendre confiance en soi, apprendre à lâcher l’affectif, dompter la spasticité, contrôler son équilibre, bien placer son centre de gravité : tels sont les bienfaits de mon travail en psychomotricité qui me permettent de profiter de la montagne bien mieux que les valides, en donnant une image très gratifiante du handicapé.

Mots clés :
Handiski - Spasticité - Coordination - Equilibre et affectif.

166 - 03 : Tous dans l'eau, à la recherche de frayage pour se sentir exister !

Monique PERRIER GENAS
Psychomotricienne au Centre d’Action Médico Sociale Précoce de Vienne (38), détachée à mi-temps en service de maternité et néonatologie (insertion équipe de liaison).

Mon intervention portera sur un groupe piscine ouvert à de très jeunes enfants porteurs de handicaps sévères et de leur parent. Ce groupe fonctionne en fin de journée tous les quinze jours. Il est animé par kinésithérapeute et psychomotricienne. Il a lieu à l’extérieur du CAMSP, dans le bassin de balnéothérapie du service de rééducation fonctionnelle de l’hôpital, réservé à cet effet. L’objectif de ce groupe est d’offrir aux enfants et aux parents une aire de jeu et de plaisir partagé, dégagée de toute attente rééducative. Ce groupe a pour originalité que les pères soient très présents et accompagnent majoritairement leur enfant. Mon propos cherchera à mettre en évidence combien cette expérience dans l’eau est précieuse pour ces enfants qui, avec le peu de moyen qu’ils ont, montrent dans ce groupe, leur sensibilité au jeu et à la présence de l’autre. Occasion qui leur est souvent peu donnée ! Ce dispositif particulier où les corps « cabossés » des enfants se retrouvent exposés, met largement au travail la question du handicap. Des séquences particulières relatées permettront de comprendre aussi comment l’identité sexuée de chacun, adulte et enfant, est interrogée. Mon exposé mettra en exergue combien la dynamique du groupe, est propice à la mise en route de processus de subjectivisation : • déjà pour l’enfant acteur, se saisissant de cette rencontre soutenue et contenue qui lui est proposée • pour le parent qui chemine dans la reconnaissance d’une part de douleur mais aussi d’émerveillement dans son lien à son enfant • pour les professionnels dans le positionnement qu’ils ont à tenir en dehors des murs de l’institution. Tous dans l’eau : une expérience qui nous ramène du côté du vivant et de l’humain.

Mots clés :
Eau - Enfant - Parent - Handicap - Soin.

166 - 04 : Prématurité et soins de soutien au développement : Des appuis pour l'organisme

Anja KLOECKNER
Psychomotricienne, psychologue clinicienne, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris.

Les interventions médicales en néonatologie, en même temps qu’elles assurent et protègent la survie des nouveaux nés prématurés, sont des sources de douleur et d’inconfort qui altèrent et bouleversent le processus de représentation de leur organisme. L’utilisation incontournable de matériel médical comme les couveuses, peut être aussi source de dystimulation et de perturbation dans la mise en place des coordinations sensorimotrices : les installations ne fournissent pas toujours des signaux susceptibles d’être traités par l’équipement sensorimoteur du bébé.
Au cours de ces dernières années, la prise en compte des répercussions de l’effet invasif des soins médicaux ouvre de nouvelles perspectives de prise en charge qui permettent d’ en atténuer les séquelles sur le développement psychomoteur du bébé.
L’intégration de plus en plus répandue des soins de soutien au développement dans les services de néonatologie (le NIDCAP et l’approche sensori-motrice d’A. Bullinger) s’inscrit pleinement dans cette dynamique où le bébé peut devenir acteur de son développement.
C’est à travers les interactions du milieu que le bébé va apprendre à « habiter son organisme » : plus elles seront adaptées à ses niveaux de compétences et de fonctionnement moins elles seront « handicapantes ». Dans ce sens, l’utilisation du positionnement, des sollicitations orales, de l’adaptation de l’environnement sensoriel donnent des appuis, aussi bien posturaux qu’émotionnels, pour soutenir une représentation de l’organisme la plus harmonieuse possible.

Mots clés :
Soins de soutien au développement
- Partenaire de soin - Dystimulation
- Représentation de l’organisme - Prévention.

166 - 05 : De la perception à la représentation de soi chez l'enfant déficient visuel

Patricia GIACOPELLI
Psychomotricienne, SAFEP – SAAAIS pep83 Les Arcs - Var.

Apartir d’une réflexion menée dans le cadre du D.U « Initiation à la recherche clinique en psychomotricité », et qui a pour objet de rechercher l’incidence de la déficience visuelle sur la représentation de soi et ses éventuelles « particularités » dues à la mise en place de suppléances à la vision, il va s’agir :
Dans un premier temps, d’aborder et de situer de façon théorique, à partir d’une revue de la littérature, • les moments clefs où la vision joue un rôle primordial dans le développement du jeune enfant notamment dans les processus d’attachement précoce, lors de la constitution de la communication par le regard, à travers l’imitation de mimiques, d’attitude.... • de repérer quelle est la part du visuel dans l’élaboration de la perception de soi et quelles sont les suppléances possibles.
Dans un second temps d’exposer succinctement le protocole proposé à cinq enfants porteurs d’une déficience visuelle, dans le cadre d’un groupe de psychomotricité, et de repérer des éléments caractéristiques dans la représentation de soi à travers le dessin et la description verbale de postures corporelles.

Mots clés :
Psychomotricité - Déficience visuelle - Intermodalité sensorielle - Perception de soi - Représentation de soi.

166 - 06 : Le corps en abîmées souffrance du corps de l'enfant... Représentations abîmées du corps de l'adulte

(Ce présent texte est la reprise - volontairement à peine réécrite - d’une conférence orale présentée aux J.A. de Toulon c’est-à-dire d’un exposé prévu pour être parlé, écouté même d’une oreille discrète, discuté, critiqué, décortiqué, déchiqueté, digéré et re-travaillé par chacun : que l’on veuille bien en excuser le style ici publié et que le lecteur se l’approprie comme tel : un document de travail à « triturer » et à faire travailler !)

Fabien JOLY
Psychanalyste - Psychomotricien - Psychologue clinicien - Docteur en Psychopathologie Coordinateur du Centre Ressources AUTISMES de Bourgogne (CHU Dijon).

La question du bébé en nous, de l’infantile, de l’archaïque et du petit enfant interne en souffrance en nous, s’avère assez peu travaillée du côté du corps, des souffrances du corps, de l’habitation corporelle de l’adulte d’aujourd’hui dans ses représentations d’un corps en souffrance, et ces journées annuelles de thérapie psychomotrice consacrées au « corps abîmé » nous paraissent l’occasion évidente d’approfondir cette tension de l’enfant vers adulte au lieu du corps souffrant.

« Nous habitons notre corps bien avant de le penser » disait Albert Camus dans le mythe de Sisyphe… A ceci près qu’il nous faudrait compléter et préciser la formule depuis les enseignements de la clinique pour dire qu’avant de l’habiter (puis bien plus loin de pouvoir le penser) il nous a déjà fallu un long chemin vers l’habitation corporelle : oserait-on dire un long chemin psychomoteur, un trajet d’assomption du corps, d’éprouvés du corps en relation, d’appropriation subjective de ce corps vécu…

Mots clés :
Représentation - Enfance - Corporéité - Habitation - Historicité.

166 - 07 : Une approche psychanalytique du polyhandicap

Béatrice ARE
Psychologue clinicienne, Psychanalyste, Toulon.

L’idée communément répandue est que la psychanalyse, en se focalisant sur les symptômes et les signifiants, a oublié le corps.
Intervenant comme psychologue clinicienne à l’Hôpital de Jour de San Salvadour, où sont accueillis des enfants poly-handicapés, enfants au corps « abîmé » s’il en est, dont la plupart sont hors discours, je voudrais témoigner ici de la place centrale qu’occupe bien au contraire la question du corps, dans le travail auprès de ces enfants.

Mots clés :
Polyhandicap - Corps - Orifice - Jouissance - Autisme.

166 - 08 : Pour un corps relié et expressif : travail avec des personnes polyhandicapées

Benoit LESAGE
Médecin, Docteur en sciences humaines, Chargé de cours à Paris VI. Formateur en Danse Thérapie et approches psychocorporelles, Jougne, Doubs.

Les enfants polyhandicapés vivent difficilement, c’est un lieu commun. Leur corps nous désarçonne souvent, car les codes et repères habituels de relation et de fonctionnement sont bousculés. Ce corps qui médiatise mal l’expression et la relation est le plus souvent espace de souffrance et de restriction, souvent intrusé.
Le corps-à-corps s’impose le plus souvent, avec ses règles éthiques et pratiques ; paradoxalement il peut être médiation dès lors qu’il est organisé par une technique…
Il s’insère dans une perspective d’instauration des structures, qui vise à plusieurs niveaux : • organisation et harmonisation tonicoposturale, mise en place des premiers schèmes structurants (enroulement, repousser, ouverture/fermeture, orientation orale…) • mise en relation par le toucher, le geste. • expressivité et interaction au sein de groupes. Ce travail met également en jeu la musique, le rythme et la voix. Des extraits vidéo soutiennent la présentation orale.

Mots clés :
Corporéité - Limite - Polyhandicap - Dialogue tonico-émotionnel - Toucher.

166 - 09 : Le corps abîmé, nouvelle métaphore du médico-social ?

Olivier GRIM
Psychomotricien, Docteur en anthropologie sociale et ethnologie, EHESS, Paris.

Par la métaphore et l’analogie, le secteur médico-social est pensé ici comme un « vaste corps abîmé ». L’auteur propose un état des lieux. La conjonction des dysfonctionnements institutionnels - endémique dans ce secteur - et des plans issus de l’idéologie néolibérale visant à en faire un espace commercial, participe à la destruction du modèle social français. Ce dernier, héritage des résistants de la Seconde Guerre Mondiale, basé sur la solidarité et la répartition, disparaîtrait au profit du modèle réactionnaire anglo-saxon fondé sur la concurrence et la charité. Les premières victimes de cette « réforme » seraient les sujets vulnérables au premier rang desquels figurent les personnes en situation de handicap et celles souffrant de maladies mentales. Cette involution conduit la société française à opérer un choix anthropologique majeur.

Mots clés :
AGEFIPH - Conseil National de la Résistance - Loi de 2005 - Néolibéralisme - Observatoire national sur le handicap - Téléthon - Secteur social.

166 - 10 : Les abîmes de la maltraitance

Suzanne ROBERT-OUVRAY
Psychothérapeute d’enfants et d’adultes, Docteur en psychologie clinique, Psychomotricienne, Paris, D.E de Kinésithérapeute de l’Ecole des Enfants Malades Paris, D.E de Psychomotricité de l’ISRP Paris, Doctorat de Psychologie Clinique de l’Université Paris VII, Certificat de Victimologie Générale du Centre International des Sciences Criminelles de Paris et de l’Université de Washington D.C, Superviseur de psychomotriciens et de psychothérapeutes d’enfants, Enseignante à l’Ecole de Psychomotricité de l’Université Pierre et Marie Curie Paris.

Le traitement et l’aide à apporter aux victimes de la maltraitance ne sont pas réservés aux seuls psychologues et aux soins par la parole. Car le corps est mis directement en jeu à travers les coups, les abus sensoriels et sexuels, les surstimulations émotionnelles et l’ensemble des réactions physiologiques lié au stress.
La tonicité du corps a répondu en profondeur aux peurs, aux excès sensoriels, au vide affectif, à la négation émotionnelle et l’enfant s’est resserré autour de sa musculature pour se protéger. Le corps abîmé se couvre d’une carapace tonique qui entraîne des rotations internes des membres, des affaissements de la cage thoracique, des blocages des charnières dorsales. La fermeture du corps s’associe à l’instabilité émotionnelle, à l’inhibition relationnelle, à l’isolement ou à l’agressivité et la provocation.
La thérapie psychomotrice peut alors déployer sa dynamique intégrative à travers la relaxation, le dialogue tonique, la stimulation et la réintégration sensorielles, ainsi que la réorganisation du corps dans l‘espace personnel et relationnel de l’enfant.

Mots clés :
Maltraitance - Paroi tonique - Perte de repères - Symbolique - Intégration.

166 - 11 : Prise en charge précoce de l'accident vasculaire cérébral : la place du psychomotricien dans les unités neuro-vasculaires

Chantal DUTEMS CARPENTIER
Psychomotricienne. Hôpital Henri Mondor, Service Neurologie Adulte, Créteil, Val de Marne.

L’accident vasculaire cérébral concerne plus particulièrement une population vieillissante mais peut toucher aussi des sujets plus jeunes. Qu’il soit ischémique ou hémorragique les déficits moteurs sont fréquents, l’image du corps est touchée, l’image de soi est modifiée. La thérapie psychomotrice, si le patient est conscient et éveillé, peut débuter très tôt après l’accident. La durée de séjour à l’UNVA est de 5 jours durant lesquels il est question, sur le plan médical, de poser un diagnostic, de trouver les causes déclenchantes et de débuter un traitement.
Les séances de psychomotricité sont brèves, de 10 à 15 min ; il faut tenir compte des examens à faire, des soins à prodiguer et aussi de l’état de fatigue post AVC qui est important. Le rôle essentiel du psychomotricien dans ce service, est l’installation adéquate du patient. A partir de ce soin il est possible d’évaluer le schéma corporel, la négligence, les troubles de la sensibilité superficielle et profonde. Ecouter le vocabulaire utilisé par le patient nous donne des indications sur son ressenti psychocorporel, il nous permet de l’aider à se re-situer dans ce corps déficitaire. Il convient d’être vigilant à notre propre vocabulaire afin d’aider le patient à faire mieux vivre son corps et de commencer le travail d’éveil corporel.

Mots clés :
Accident vasculaire cérébral - Schéma corporel - Éveil corporel - Vécu corporel - Autonomie.

166 - 12 : La psychomotricité auprès d'adultes présentant des atteintes neurologiques graves

Delphine BROUARD
Psychomotricienne, Hôpital San Salvadour AP HP - Hyères, Var.

Mon propos est de vous parler de la rencontre presque improbable, voire imperceptible de personnes que parfois même le corps médical ne parvient plus à inscrire dans un quelconque projet de vie.
Je veux vous faire partager ici mon travail auprès d’adultes pauci-relationnels (stade d’éveil de coma), et de personnes dont l’atteinte neurologique est telle (Locked-in syndrome, maladie dégénératives…) qu’ils se retrouvent emmurés dans leur corps et avec qui une partie de nos repères de psychomotriciens est perturbée.
Nous sommes alors à la recherche de l’infime, d’un signe suffisamment objectif pour être interprété comme langage corporel. Le sujet peut-il sortir de cet abîme ?
Pourrez-vous, à votre tour, vous représenter comment le voyage sensoriel et émotionnel éprouvé par Mr M. et Mme P. a pu suffisamment les structurer pour leur permettre de nous signifier leur présence, leur être là et de quelle façon nous les soignants, sommes garants de cette nouvelle vie. * Delphine

Mots clés :
Pauci-relationnel - Locked-in syndrome - Eprouvés sensoriels - Présence relationnelle.

166 - 13 : Entre l'abîme gériatrique et le jardin de la vieillesse : la poésie du présent

Geneviève PONTON
Psychomotricienne, Association Les Ateliers du Cami Salié, Pau.

Quand nous parlons du « vieux », c’est de l’Autre dont nous parlons, celui que l’on ne peut pas sentir, à qui l’on redoute de ressembler, trop usé, affaibli par les ans, le trop vieux calfeutré dans son impuissance à l’abri du regard de tous, bien reclus dans l’institution gériatrique.
Quand nous parlons des « personnes âgées » nous élaborons sociologiquement une catégorie de personnes qualifiées par leur grand âge, représentant les stigmates de la trop grande durée, ceux qui, arrivés au bout de l’inéluctable chemin de la grande dépendance, sont rangés parmi les inactifs coûteux.
Quand nous parlons des « aînés », nous commençons à désigner ceux qui nous précèdent, ceux qui nous rattachent à l’arbre généalogique du temps humain, ceux qui nous enseignent la valeur de l’expérience. Quand nous les rencontrons, quand la porte de l’institution est franchie, quand la ligne uniforme de gens assis en gris se fragmente, alors, il n’est plus de vieux, ni de personnes âgées, c’est « l’autre soi-même » que l’on reconnaît, le passeur de mémoire, l’initiateur de la durée.

Mots clés :
Gériatrie - Conscience corporelle - Architecture-dépendance - Relation de soin.

166 - 14 : Somatisations précoces et psychomotricité : Perspectives théorico-cliniques

Marc RODRIGUEZ
Psychomotricien, Psychologue clinicien, Docteur en psychologie clinique, psychopathologie et psychanalyse. CMPP, Dax, Landes.

Parmi le spectre large des expressions du corps, les somatisations occupent dans le champ de la psychomotricité une place bien trop souvent négligée. Allergie, asthme, eczéma etc., les patients que nous rencontrons, le plus souvent pour d’autres raisons que leurs troubles somatiques, ont développé ou développent parfois au cours de la thérapie psychomotrice des atteintes récurrentes du corps dont la place qu’elles occupent dans l’économie du sujet ne peut être ignorée. La question demeure du statut à accorder à ces expressions singulières du corps et de la place et de l’intérêt de la psychomotricité dans le champ des troubles « dits » psychosomatiques.
A partir d’une clinique psychomotrice auprès de bébés et de jeunes enfants et des éléments d’une recherche menée auprès de nourrissons asthmatiques, l’auteur se propose d’interroger le statut du corps en psychomotricité dans ses rapports à la somatisation, à la motricité et au fonctionnement psychique.
Il s’agira de définir les enjeux cliniques, techniques et théoriques qu’implique la prise en compte des atteintes du « corps réel » dans le soin en psychomotricité.

Mots clés :
Psychomotricité - Psychosomatique - Somatisation - Bébé - Sensori-motricité.

166 - 15 : Un test d'image ; l'entretien sur les représentations corporelles

Olivier MOYANO
Psychomotricien, Psychologue, Docteur en psychopathologie et psychologie cliniques, CAE / PJJ, Mérignac, Gironde. LACES (Laboratoire, Culture, Education, Sociétés), Bordeaux.

Il est inutile de répéter combien les conceptions de schéma corporel et celle d’image du corps sont fondamentales pour les psychomotriciens. Si ces derniers disposent d’outils permettant de tester le schéma corporel, le sujet devient très rapidement embarrassant lorsque la question de l’image du corps est posée.
Comment tester la pensée sur le corps, pensée consciente et/ou inconsciente, en tant que psychomotricien ? Une autre interrogation réside dans la quête d’outils spécifiques et la légitimité de leur utilisation en tant que psychomotricien. A priori, nous n’en connaissons pas…
Pour répondre à ces interrogations, l’auteur propose un « entretien sur les représentations corporelles » qui permet d’explorer ces dimensions cachées des représentations de soi et l’exploration des atteintes de l’image du corps. Ce protocole regroupe trois épreuves spécifiques, qui seront présentées à partir de cas cliniques d’enfants.

Mots clés :
Image du corps - Schéma corporel - Evaluation clinique - Entretien sur les représentations corporelles.